Les vagues de chaleur successives de juin et juillet 2026 ont soumis les réseaux électriques européens à de fortes tensions. Alors que les températures dépassaient 40 °C dans plusieurs régions, la consommation d’électricité augmentait sous l’effet des besoins de climatisation. Dans le même temps, la chaleur et la sécheresse limitaient la disponibilité de plusieurs moyens de production.
Dans ce contexte exceptionnel, le solaire a joué un rôle déterminant. Selon l’étude publiée le 13 août 2026 par le think tank Ember, une production photovoltaïque record a contribué à couvrir l’augmentation de la demande en journée et à maintenir la stabilité des réseaux européens.
Une consommation électrique en forte hausse pendant les canicules
Les températures élevées entraînent une augmentation sensible des besoins de refroidissement des bâtiments, des équipements et de certains processus industriels.
Par rapport à la période de référence retenue par Ember, du 13 au 19 juin 2026, la consommation quotidienne d’électricité a augmenté jusqu’à :
- 28 % en Italie ;
- 23 % en Hongrie ;
- 14 % en France ;
- 13 % en Espagne.
Les pointes de consommation ont également progressé, avec des hausses allant jusqu’à 14 % en Italie, 11 % en Espagne et 9 % en France. Le rapport précise toutefois que les niveaux de pointe observés en France et en Hongrie sont restés inférieurs aux pointes hivernales.
Ces données montrent que les canicules ne constituent plus seulement un enjeu climatique ou sanitaire. Elles représentent également un défi croissant pour l’équilibre entre la production et la consommation d’électricité.
La chaleur affecte plusieurs sources de production
L’augmentation de la demande s’est accompagnée de contraintes sur les capacités de production.
Les centrales nucléaires, au gaz et au charbon ont besoin d’eau pour assurer leur refroidissement. Lorsque les températures des cours d’eau augmentent ou que leur niveau diminue, leur fonctionnement peut être réduit afin de respecter les limites techniques et environnementales.
En France, un maximum de 29 GW de capacité nucléaire était indisponible le 12 juillet 2026. Ember estime que la canicule pourrait avoir affecté jusqu’à 18 % de la capacité nucléaire française, tout en soulignant qu’il reste difficile d’identifier avec précision l’origine de chaque indisponibilité.
Les conditions de sécheresse ont également pesé sur la production hydraulique. À l’échelle de l’Union européenne, celle-ci a atteint son plus faible niveau depuis au moins dix ans pour les mois de mai, juin et juillet. En juillet, sept des huit principaux pays producteurs d’hydroélectricité de l’Union européenne ont enregistré une production inférieure à leur moyenne des cinq années précédentes.
Le solaire a répondu présent au moment où la demande augmentait
Pendant ces épisodes de chaleur extrême, le solaire a été la seule grande source d’électricité à produire davantage que pendant les autres journées de juin et juillet.
La production solaire quotidienne moyenne a été :
- 17 % plus élevée en France et en Hongrie pendant les vagues de chaleur ;
- 5 % plus élevée en Espagne.
À l’échelle européenne, le solaire a établi deux nouveaux records mensuels, avec 52 TWh produits en juin et 55 TWh en juillet. Il a couvert 25 % de la production d’électricité de l’Union européenne pendant chacun de ces deux mois, une première selon Ember.
Cette contribution est particulièrement importante car les heures de forte production photovoltaïque coïncident en grande partie avec l’augmentation de la consommation liée à la climatisation. Le solaire permet ainsi de répondre à une partie des besoins supplémentaires pendant la journée, au moment où les températures sont les plus élevées.
Une contribution qui limite les tensions en journée
Cette production photovoltaïque élevée a contribué à stabiliser les réseaux et à limiter l’augmentation des prix pendant les heures ensoleillées.
Toutefois, les tensions se sont renforcées en début de soirée, lorsque la production solaire diminuait alors que les besoins de refroidissement restaient élevés. Cette combinaison, associée aux contraintes rencontrées par d’autres moyens de production et au recours accru aux centrales au gaz, a entraîné de fortes variations des prix de l’électricité.
Pendant les vagues de chaleur étudiées, les prix journaliers moyens ont progressé de :
- 119 % en Hongrie ;
- 44 % en France ;
- 13 % en Italie ;
- 7 % en Espagne, par rapport aux journées comparables de la semaine précédente.
En France, le prix du marché journalier a atteint 313 €/MWh le 24 juin, tandis que des niveaux particulièrement élevés ont également été constatés en Italie, en Hongrie et en Espagne.
Le prochain défi : prolonger les bénéfices du solaire après le coucher du soleil
Le rapport met en évidence un enjeu central : le solaire produit efficacement pendant la journée, mais la tension sur le réseau peut se poursuivre après le coucher du soleil.
Pour renforcer durablement la résilience des systèmes électriques, Ember identifie plusieurs leviers :
- le développement du stockage par batteries ;
- le pilotage et la flexibilité de la consommation ;
- le renforcement des interconnexions entre pays et régions.
Les batteries peuvent notamment stocker l’électricité solaire produite en journée afin de la restituer en début de soirée, lorsque la demande reste forte et que le réseau est davantage exposé au recours à des productions thermiques plus coûteuses.
Le photovoltaïque, un levier de résilience énergétique
Les résultats de l’été 2026 confirment la complémentarité entre la production photovoltaïque et les besoins électriques générés par les épisodes de forte chaleur.
Le solaire ne répond pas seul à l’ensemble des défis rencontrés par le réseau. Son développement doit s’accompagner de capacités de stockage, d’outils de pilotage de la demande et d’une adaptation continue des infrastructures électriques.
Mais les données publiées par Ember démontrent clairement sa contribution pendant les heures les plus ensoleillées : lorsque la consommation augmente et que certaines productions deviennent plus contraintes, les installations photovoltaïques apportent une électricité disponible, locale et décarbonée.
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Source et précaution méthodologique
Cet article s’appuie sur le rapport Solar helps Europe’s grid withstand extreme heat, publié par Ember le 13 août 2026. Les augmentations de consommation ont été calculées par rapport à la période du 13 au 19 juin 2026. Ember précise avoir corrigé plusieurs chiffres après avoir détecté une modification dans le libellé de certaines données ENTSO-E et un changement d’unité dans les données italiennes.